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DÉBIT ANNUEL
Le Service de l'hydrométrie a publié chaque année, avec un certain retard dû à l'édition, un annuaire hydrologique, où l'on retrouvait (jusqu'en 1976) le débit journalier moyen pour tous les jours de l'année, à plus de 250 stations du territoire. Nous en avons extrait 48 journées-types à intervalles assez réguliers pour tracer des hydrogrammes que l'on a publié originalement avec la description des descentes sportives.

Pour bien indiquer que ces courbes sont relatives et fort variables, nous avions choisi à dessein deux années de référence différentes, pour illustrer les caractéristiques suivantes : printemps tôt, printemps tardif, été sec, été humide. La disponibilité hétérogène des statistiques, en raison de périodes d'enregistrement différentes, ou de bris temporaire des instruments, nous a obligés à choisir plusieurs années différentes suivant les rivières. De toute façon, les conditions climatiques étant fort régionalisées, on aurait tort de croire que les caractéristiques de l'écoulement soient identiques, sur tout le territoire québécois, pour une seule année donnée.

Le graphique 3 donne le profil-type des Basses Laurentides au nord de Montréal. Les chiffres en ordonnées (vertical) indiquent le débit, à gauche en mètre cube par seconde et à droite en pied cube par seconde. Les échelles varient d'une rivière à l'autre en fonction de la grosseur de la rivière. Pour accroître la lisibilité de la courbe à faible débit, les valeurs ont été doublées sur les deux premiers intervalles : ils occupent donc le même espace sur le graphique que les intervalles supérieurs alors qu'ils n'en valent que la moitié.

Pour simplifier la question, nous avons défini quatre intervalles de débit : en crue, haut, moyen, bas. Le premier chiffre sur l'axe vertical constitue généralement la frontière entre les niveaux bas et moyen; soit sur l'exemple à moins de 18 m³/s. Le débit moyen correspond à l'intervalle suivant : sur l'exemple entre 18 et 36 m³/s, le débit haut entre 36 et 72 m³/s et le débit de crue au-delà de 72 m³/s. Ces intervalles sont cependant fort grossiers puisqu'ils varient du simple au double. Cette variation est d'autant plus significative de la difficulté de la rivière que le débit est faible.

Graphique 3 : hydrogramme annuel d'une rivière-type des Basses Laurentides.


Nous introduisons donc des seuils intermédiaires qui, pour l'exemple se traduiraient par :

très bas : en dessous de 6 m³/shaut : 54 m³/s
bas : 9 m³/smoyen/haut : 36 m³/s
bas/moyen : 18 m³/strès haut : 72 m³/s
moyen : 27 m³/scrue : au-delà de 90 m³/s

On peut maintenant analyser le profil annuel de l'écoulement pour la rivière-type. Il s'agit ici d'un régime naturel, c'est-à-dire que le débit n'est pas influencé de façon significative par le jeu de barrages.

Jusqu'en mars, la rivière est gelée et elle n'est alimentée que par ses réserves souterraines. Le débit se tarit tranquillement pour atteindre son étiage, c'est-à-dire le minimum annuel. Puis arrive le dégel et la crue; en quelques semaines, le débit d'étiage est multiplié par plus de 10, quelquefois par 50, tout dépendant de l'intensité du temps chaud.

Sur notre exemple, la rivière serait en crue d'avril à mai, à eau haute en juin, à eau moyenne en juillet, à eau basse en août et septembre, avant de remonter lors des crues automnales en octobre. Après quoi il commence à être temps de ranger son embarcation!

Cette courbe se trouvera décalée, soit avancée, soit retardée, suivant les régions. Elle est rarement aussi continue durant l'été, car les gros orages font couramment fluctuer le débit du simple au double à deux journées d'intervalle.

Il existe d'autres sortes de profil de rivière que l'on ne retrouve pas au Québec. Par exemple le profil maritime, pour des rivières qui ne connaissent pas de gel en hiver mais plutôt des pluies abondantes, en Bretagne par exemple. La crue se produira donc en hiver. A l'inverse, les rivières de type alpestre (Colombie-Britannique) qui sont alimentées en grande partie par des glaciers, connaîtront des périodes de hautes eaux au plus chaud de l'été.
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