![]() Comment descendre |
![]() |
| |
| |
|
|
|
|
|
|
|
![]() |
| |
| |
||
| |
||
| La taille minimale du groupe est de trois bateaux. Il n'y a pas vraiment de taille maximale, mais un gros groupe peut présenter plus de problèmes qu'un petit. La taille optimale est de 5 à 8 embarcations. Avec un gros groupe (15-20), la descente devra être plus disciplinée. Il faudra de toute façon diviser le groupe en équipes de huit embarcations tout au plus, qui descendront comme une entité propre avec deux responsables compétents. Le facteur important est ici l'homogénéité du groupe plus que sa taille. Un petit groupe homogène peut s'attaquer à des rivières plus difficiles qu'un gros groupe hétérogène.
Il faudra en quelque sorte fixer le choix de la descente sur l'habileté des moins expérimentés. Bien sûr un pagayeur moins expérimenté, s'il est très bien encadré, pourra réussir quelques passages au-dessus de ses possibilités réelles. S'il dessale, il sera récupéré rapidement, mais l'expérience pourra se révéler plus traumatisante que bénéfique. C'est donc au chef d'expédition, ou au pagayeur le plus expérimenté le cas échéant, que reviendra le devoir de refuser un participant trop peu expérimenté, et ceci dans le propre intérêt de ce dernier. Nous avons cru bon de préciser pour chaque descente, le seuil de compétence minimale pour tenter la descente. Nous nous sommes laissé guider non seulement par la cotation du tronçon mais également par la longueur de la descente, la fréquence des points d'accès intermédiaires, la longueur et la répétition des rapides difficiles; en somme nous avons envisagé les conséquences possibles d'un bris d'équipement ou d'un accident. C'est ce que doit faire le chef d'expédition. Si les rapides sont longs et fréquents, la probabilité d'un pépin s'en trouve accrue d'autant. Si une route longe la rivière, les conséquences seront mineures. S'il n'en existe point, on pourra tenter de rescaper le naufragé en l'emportant sur le pontage d'une autre embarcation. C'est une solution hasardeuse pour des rapides supérieurs à la classe III, mais peut-être la seule s'il n'y a pas de sentier à proximité; ce qui est le cas du tiers des rivières incluses dans ce livre. Le choix de l'itinéraire sera avant tout dicté par le défi envisagé, dans les limites de compétence du groupe. On consultera I'index par difficultés et également {l'index par disponibilité, en fonction de la période de l'année. Il faut évidemment être au fait des conditions locales d'écoulement. Si nous recommandons une descente à bas débit et que, malgré la pertinence de la période choisie, il y ait eu un orage la veille, il faudra s'attendre à une descente plus difficile, ou à changer d'itinéraire. La météo a également une incidence sur la préparation psychique du groupe. La même descente paraîtra plus difficile par temps gris. La température de l'eau peut doubler le risque d'un dessalage, ou tout au moins ses conséquences. Il faut donc insister pour que les pagayeurs les moins compétents soient les mieux habillés. Pour une expédition de plusieurs jours, d'autres facteurs, comme la personnalité des participants ou la division des bagages, prendront une plus grande importance dans la constitution du groupe. |
||
| |
||
| |
||
| Pour le transport des embarcations, le portant à bateau doit être solidaire du toit de l'auto. Les embarcations y seront attachées individuellement. Un sandow, ou élastique, peut servir pour un court trajet, mais une corde de nylon, attachée aux pare-chocs avant et arrière est indispensable pour les longs trajets. J'ai vu plusieurs fois des élastiques céder à cause de l'usure, et le bateau s'envoler sur l'autoroute pour se faire "bouffer" par le camion qui suivait.
Si la navette est longue, on aura intérêt à trouver un chauffeur qui voudra bien ramener le véhicule à l'arrivée. A défaut d'un chauffeur additionnel, on ira conduire, avant le départ, un second véhicule (ou une moto, etc.) au point choisi pour l'arrivée; il servira à son tour à récupérer le premier véhicule. Ce temps supplémentaire pour la navette doit être calculé dans l'horaire de la descente. La durée que nous suggérons pour la descente tient compte de poses normales de 5-10 minutes, de collation(s), s'il y a lieu, d'environ une heure, de reconnaissances pour les rapides de classe IV et plus, de portages obligatoires (5 minutes à 1 heure), mais non des dessalages (1/4-1/2 heure), des portages additionnels, des cravates accidentelles (1/2-1 heure) et des réparations éventuelles. Pour mettre les choses au pire, il faut pouvoir exécuter la descente dans le double du temps que nous suggérons tout en terminant avant la tombée de la nuit (variable suivant les régions). C'est donc dire qu'il faut partir assez tôt, et au besoin, ne pas hésiter à camper la veille au point de départ. En kayak de critérium, on peut estimer une vitesse de descente entre 18 et 19 km/h alors qu'en croisière touristique, on devra se contenter d'une vitesse de 6 à 8 km/h, lorsqu'il n'y a pas d'arrêt majeur. Ces descentes ont été également relevées en canoës et kayaks d'eau vive par des pagayeurs experts. Ces types d'embarcations avec un faible tirant d'eau et une grande manœuvrabilité, permettent une négociation sans histoire des rapides les plus maigres, tout en minimisant la nécessité des reconnaissances. La négociation d'un rapide à grosses vagues devient un jeu d'enfant avec une embarcation pontée, alors que l'embarcation non pontée devra se résoudre au portage. Ceux qui utiliseront un autre type d'embarcation, devront tenir compte de ces faits dans leur estimation de la durée de leur descente. |
||
| |
||
| |
||
| Voici venu le moment du départ. Vous avez pensé à tous ces petits détails matériels qui vous permettront d'être à la hauteur en toutes circonstances. Vous avez choisi une descente sauvage; ce n'est pas le moment d'essayer cette nouvelle jupette, ou cette nouvelle pagaie dont vous ne connaissez pas la solidité! Vous avez étudié les cartes, mémorisé l'emplacement des principales difficultés et des points d'accès.
Vous faites les exercices recommandés pour réchauffement. Comme il n'y a pas de long planiol avant le premier rapide, vous en profitez pour faire quelques bacs, histoire d'aiguiser les réflexes. Vous pouvez même vous risquer à quelques esquimautages, histoire d'accroître cette confiance en soi, indispensable pour être prêt à parer à toute éventualité. Si la compétence technique peut faire la moitié du chemin, c'est l'attitude mentale, la confiance en soi, qui fera le reste, en eau vive plus qu'ailleurs. Si la lecture de la description de la descente vous rend anxieux, il est possible que cette rivière soit, pour l'instant, au-dessus de vos possibilités. |
||
| |
||
| |
||
| Ce n'est évidemment pas le temps au moment du départ d'évoquer des souvenirs qui plongeront dans la consternation la moitié du groupe. Certes l'émulation dans le groupe pourra amener les participants à se surpasser. A voir un camarade réussir un passage impressionnant, on voudra faire de même, ou mieux. Cependant un incident regrettable aura l'effet d'une douche froide, surtout sur son auteur. On ne ménagera pas ses encouragements à la victime d'un dessalage; on l'attendra au début des passages difficiles pour lui montrer la passe. C'est aux pagayeurs les plus expérimentés que reviendra la tâche d'encourager les autres. Le chef d'expédition verra au besoin à imposer une halte au groupe, pour calmer les esprits.
Tout pagayeur sera attentif aux moindres gestes de ceux qui l'entourent. S'il voit quelqu'un d'autre chavirer, même s'il s'agit de quelqu'un qui esquimaute toujours, il s'élancera immédiatement pour lui porter secours, à la condition toutefois que ceci ne le place pas lui-même dans une position hasardeuse. Combien de fois avons-nous vu des experts briser leur pagaie ou être incapables de sortir de leur kayak tellement la jupette était serrée. Les techniques de sauvetage par rotation assistée peuvent être indispensables dans certains cas; lorsque le pagayeur devient inconscient, par exemple. J'ai déjà vu lors d'un stage d'initiation, un pagayeur d'un certain âge être sauvé par la vitesse d'intervention d'une monitrice. Ses longues jambes n'avaient pas la flexibilité nécessaire pour sortir d'un trop petit trou d'homme; il avait négligé de s'entraîner suffisamment à sortir du kayak avant de s'aventurer au large. Une intervention précoce est donc préférable à une intervention tardive. Il faut évidemment manœuvrer avec dextérité auprès d'une embarcation retournée si l'on veut éviter d'embrocher, avec la pointe du bateau, le propriétaire qui s'apprête à refaire surface . |
||
| |
||
| |
||
| Un "vieux" du club, celui qui a organisé la sortie et qui agit comme chef d'expédition, établit la séquence des pagayeurs, et donne quelques consignes sur les passages délicats qu'il faudra reconnaître. Il n'y a pas d'infran, vous n'avez donc aucune excuse pour éparpiller votre matériel s'il vous arrive de dessaler. Le chef d'expédition aura estimé le niveau d'eau au départ pour le confronter avec ses expériences antérieures : attention le débit est haut, mais encore praticable!
Le chef d'expédition verra aussi à nommer un chef de file et un serre-file compétent qui pourront subvenir à toutes les éventualités. La discipline de descente pour les groupes qui comprennent plusieurs débutants est primordiale. Une norme de deux pagayeurs compétents pour six débutants est un strict minimum. Si deux bateaux "s'amusent" à dessaler au même moment, qui s'occupera des autres? Lorsque le groupe est suffisamment compétent, c'est-à-dire que chaque pagayeur peut s'arrêter à volonté en stoppant dans un contre-courant, on peut utiliser la technique de la reconnaissance à vue ("eddy-hopping"). Le chef de file s'engage dans un passage tant et aussi longtemps qu'il verra un autre contre-courant en aval permettant à deux bateaux de stopper à l'aise. Cette stratégie est valable pour les rapides classe III et même classe IV lorsque tous les pagayeurs sont assurés d'esquimauter. On ne s'engagera donc jamais dans un virage aveugle qui ne nous laisse pas entrevoir de planiol, ou dans un seuil brusque où l'on n'aperçoit pas clairement de l'amont le libre passage. Il ne faut jamais hésiter à reconnaître une difficulté, à sonder le fond avec une branche si l'on perçoit quelque obstacle suspect, à lancer un billot pour vérifier la force d'un petit rappel. Lors de la reconnaissance d'un passage difficile, on discutera avec les moins expérimentés des passes possibles, de la stratégie à adopter; on identifiera, au besoin en lançant un caillou, la bonne veine; on évoquera les passes alternatives, les conséquences d'une fausse manœuvre, les endroits où l'on peut se rattraper. Si les risques sont trop élevés, on conseillera franchement le portage, et on ne découragera surtout pas quelqu'un qui désire portager. En effet, il est toujours possible que le niveau d'eau soit différent de celui du relevé, rendant le passage infranchissable. Il n'y a donc jamais de honte à portager, et il ne faut surtout pas sauter un rapide que l'on hésiterait à passer à la nage, tel sera peut-être le cas...! |
||
| |
||
| |
||
| La stratégie de descente la plus usuelle, est de faire passer d'abord le pagayeur le plus expérimenté, celui qui esquimaute toujours, puisqu'il n'y a personne pour l'assurer. Il attendra au premier planiol qui permet une récupération efficace. Puis un à un, les autres participants suivront par ordre de compétence. Les moins expérimentés bénéficieront de l'exemple des autres. Il peut arriver, qu'à la suite d'un dessalage, l'on doive récupérer et le pagayeur, et le bateau, et la pagaie (multipliez par deux pour une embarcation biplace). Ceci peut nécessiter trois pagayeurs compétents. S'ils n'arrivent pas à récupérer le tout avant la fin du planiol, et qu'ils se trouvent entraînés dans le rapide suivant, notre équipe de récupération vient de s'évanouir. Aussi est-il conseillé au chef d'expédition de demeurer au centre du groupe pour voir à la synchronisation de la descente.
La récupération d'une embarcation submergée, à la dérive, est très difficile pour une autre embarcation monoplace, puisque le pagayeur doit s'accrocher à l'embarcation tout en continuant de pagayer. La présence d'une bosse sur l'embarcation à la dérive pourra faciliter les choses. Le mieux est un dispositif de halage sur l'embarcation qui effectue le remorquage. ' Un anneau intégré au pontage, derrière le siège et non à l'anneau de bosse, avec une goupille pour lâcher le tout en cas de pépin majeur, servira de point d'attache à la corde de halage. L'emplacement de ce point de halage ne gêne pas la direction du bateau remorqueur. L'autre extrémité de cette corde sera munie d'un mousqueton que l'on fixera rapidement à l'embarcation à la dérive. Lorsqu'elle n'est pas utilisée, cette corde de remorquage est enroulée sur le pontage sous un élastique, près du trou d'homme. |
||
| |
||
| |
||
| Lors d'un chavirage, il ne faut pas prendre panique et chercher à sortir la tête au plus tôt par le côté. Il est toujours plus facile de se libérer les deux jambes lorsqu'on est entièrement sous l'eau. Ce n'est cependant qu'après avoir tenté d'esquimauter au moins trois fois que l'on se résoudra à quitter son embarcation. Certains, voyant que l'esquimautage ne réussit pas la première fois, en profitent pour sortir leur tête prématurément et refaire une bonne provision d'air qui leur permettra de recommencer sans hâte et ainsi de réussir à la prochaine tentative.
Une fois sorti, on cherchera à ne pas abandonner sa pagaie; ou si on l'a délaissée momentanément pour se libérer du trou d'homme, à la récupérer au plus tôt une fois en surface. Une pagaie à la dérive pourra échapper à la vue des autres membres du groupe. Comme il est plus facile de récupérer un seul objet, et comme une embarcation à la dérive est difficilement récupérable, il est dans l'intérêt même du pagayeur de s'accrocher à son propre bateau. Si ce dernier est bien muni de réserves de flottabilité, il devient en quelque sorte une immense bouée de sauvetage. Il ne faudra donc pas le retourner à l'endroit de peur de libérer l'air qu'il emprisonne encore. Le pagayeur dessalé se déplacera vers l'anneau de bosse qui se trouve le plus à l'amont. Dans un rapide très violent à gros volume, l'embarcation pourra s'échapper, même heurter son propriétaire. Il évitera donc de se maintenir dans l'axe de la pointe pour éviter de s'y embrocher. Dans un maigre, il pourra se coucher sur la coque et laisser le bateau absorber les chocs. Quelques accidents ont été rapportés concernant des pagayeurs, généralement en canot ouvert, qui ont été mortellement coincés au fond de l'eau, quelquefois dans des rapides faciles (R-2). Une cheville s'étant trouvée accrochée entre deux rochers, la vitesse du courant avait entraîné le pagayeur en aval, l'empêchant ainsi de se dégager par lui-même. Deux stratégies sont donc suggérées lorsqu'on nage dans un rapide. Si l'on remorque son équipement, on nagera sur le dos, les pieds vers l'aval et toujours à la surface de l'eau. Surtout si le courant est très violent, il ne faut pas chercher à se stopper ou se pousser au fond de l'eau, mais plutôt, attendre le planiol éventuel et encaisser les coups entre temps. La deuxième stratégie s'applique lorsque le pagayeur dessalé a perdu contact avec son équipement ou lorsqu'il devient impérieux de gagner la rive au plus tôt, soit à cause d'un danger imminent en aval, soit à cause de l'eau glacée. Dans ces deux cas, on négligera toutes les recommandations que nous venons d'énoncer sur l'éparpillement du matériel et on tentera un bac à la nage en utilisant un puissant crawl. Si l'eau est peu profonde, on cherchera à maintenir l'embarcation dans le sens du courant pour minimiser les cravates. En dérivant au gré du courant, on prendra garde aux obstacles qui surgiront en aval. Si l'on se dirige directement sur un gros rocher, on nagera de façon à décentrer l'embarcation par rapport au rocher pour éviter une cravate. En général, le coussin contre le rocher défléchira l'embarcation; on cherchera à passer du même côté qu'elle, à défaut de s'en voir séparé. Si une autre embarcation vient à la rescousse, on s'accrochera à son anneau de bosse arrière pour ne pas la gêner. La masse à remorquer est énorme, et le remorqueur sera vite épuisé après quelques minutes, si on ne l'aide en nageant avec les pieds. Si le courant est vif, le remorqueur ne se fatiguera pas à essayer en vain de gagner la rive, mais il escortera plutôt le pagayeur en détresse jusqu'à un point plus propice au remorquage. Le pagayeur en détresse devra lâcher prise immédiatement, sur demande du remorqueur, s'il entraîne celui-ci dans une situation délicate qui pourrait l'amener à se cravater ou à chavirer lui-même. Un truc qui réussit souvent, lorsque le courant nous entraîne à la nage le long d'un contre-courant, consiste à se servir de la pagaie, un peu à la manière d'un appel normal, pour accrocher le contre-courant qui autrement nous aurait échappé. |
||
| |
||
| |
||
| Lorsque l'on se fait plaquer en travers du courant, contre un ou plusieurs rochers, on se trouve alors en cravate. C'est une situation fort inconfortable. Le courant submergera l'embarcation et l'amènera à plier et éventuellement à se rompre. Si le courant est très fort, l'issue du combat se décidera en quelques secondes; il faudra alors réagir très vite. Si chaque extrémité de l'embarcation s'accroche à un rocher différent, c'est la cravate double : la coque se pliera en deux - c'est à espérer -derrière le trou d'homme. Il faudra alors se jeter vers l'aval pour ne pas voir le bateau se refermer sur soi.
![]() Le cas le plus fréquent est celui de la cravate simple, où le bateau, perpendiculairement au courant, percute un rocher à mi-longueur de l'embarcation. Le pagayeur doit immédiatement se pencher vers le rocher pour se repousser de la main ou de la pagaie. La forte gîte vers l'aval empêchera le courant de chavirer l'embarcation. En s'arc-boutant contre le rocher, on pourra guider le bateau du côté où il est le plus engagé. Si malgré tout, le bateau se coince, deux solutions sont à envisager. Si la position de l'embarcation est stable et si le courant n'est pas assez fort pour la faire plier de façon alarmante, le pagayeur cherchera à se dégager par lui-même en se poussant au fond à l'aide de sa pagaie et en secouant la coque. Il est probablement le mieux placé pour ce faire, car les veines d'eau de part et d'autre du rocher sont peut-être trop fortes pour permettre à quelqu'un d'autre de s'approcher à pied. Si ce n'est pas le cas, il attendra l'aide d'un coéquipier. S'il quitte son bateau, celui-ci risque de se coincer encore plus fermement avec tout le poids de l'eau qui s'y engouffrera. Une deuxième solution est à envisager lorsque la jupette vient de céder ou que l'on sent le pontage sur ses pieds. L'effondrement de l'embarcation est imminent et il faut la quitter au plus vite, à défaut de s'y voir coincé - surtout pour les kayakistes. |
||
| |
||
| |
||
On évitera à tout prix les embâcles de troncs d'arbres, ainsi que les branchages immergés qui constituent le plus grand danger de la rivière sportive. Un pagayeur téméraire s'était aventuré à vouloir passer sous un tronc d'arbre trop bas, en se chavirant intentionnellement. Il voulait esquimauter une fois de l'autre côté. Une autre branche submergée l'immobilisa au passage. Ce fut grâce à la rapide intervention d'un coéquipier qu'il pût s'en sortir.
Lors d'un récent accident sur la Stony (21 m³/s) en Virginie, un pagayeur s'est trouvé mortellement coincé dans son bateau sous un tronc d'arbre qui se trouvait à 30 cm sous la surface. Le pontage avant s'est effondré sur ses jambes l'empêchant de quitter son kayak. Ses coéquipiers ont tenté en vain de le dégager pendant une heure. Ayant réussi à passer une corde dans son anneau de bosse arrière, ils ont tiré de la rive pour voir finalement l'anneau céder. Il a été suggéré, à la suite de cet accident, de passer une corde d'une rive à l'autre, pour aider la victime à se maintenir hors de l'eau en attendant du secours. Cette corde pouvant également aider les secouristes à s'approcher de la victime. D'où la nécessité d'être trois embarcations pour tenter une descente, et d'avoir dans chaque embarcation un sac-à-corde de 15 m ou plus. Lorsqu'un pagayeur se trouve emprisonné dans son embarcation et qu'il est sur le point d'être submergé, on pourrait songer à lui donner un tube de sac de pointe pour faciliter sa respiration. |
||
| |
||
| |
||
| Vous profiterez d'un petit "café" accueillant pour vous remémorer les hauts faits de la descente, et également les expériences malheureuses, afin d'éviter de les répéter. Il est toujours utile de noter dans un carnet les dates de la descente, l'estimation personnelle du débit et le repère que l'on a utilisé au point de départ pour estimer le débit. Cette expérience pourra servir à d'autres.
|
||
| |
||
| |
||
| Vous serez éventuellement tenté par le raid sur plusieurs jours ou l'expédition sur plusieurs semaines. Ne trouvant pas beaucoup de parcours pertinents dans ce livre, il vous faudra consulter les cartes topographiques, calculer les distances, les pentes, pour en tirer un trajet acceptable. Vous consulterez également toute personne ou compagnie familière avec la région. La Fédération québécoise du Canot-Camping possède une mine d'informations sur les longues descentes de rivières.
A l'aide de toutes ces informations et des difficultés anticipées, vous pourrez établir le trajet prévu pour chaque journée et donc la durée de l'expédition. Une expédition d'une semaine pourra exiger plusieurs mois de préparation. Il ne faut évidemment pas se sentir lié par un horaire de descente au point de ne pas profiter d'un site naturel exceptionnel, imprévu. Si l'on quitte intentionnellement les horaires rigides de la vie urbaine, il ne faut pas non plus tomber dans l'excès inverse de la non-planification; pour s'apercevoir que l'on vient d'effectuer le quart seulement du trajet prévu, dans la moitié du temps alloué à l'expédition. Les levers matinaux, sur l'eau à 7 heures, les rations de raisins et de biscuits comme dîner, les longs trajets en soirée pour rattraper le temps perdu, vous feront rêver de ces jours réglés mais combien moins essoufflant de la vie urbaine. Comme il peut y avoir beaucoup d'imprévus sur une descente de rivière, tout spécialement si elle n'est pas relevée en détail, il vous faudra prévoir de la nourriture pour quelques jours de plus. En expédition mieux vaut multiplier par deux la ration normale d'un bon mangeur, et s'il faut savoir profiter de la pêche lorsque les conditions sont bonnes, la prévoir au menu peut vous laisser l'estomac creux. Lors de la première d'une rivière sportive, la Kleena Kleene en Colombie-Britannique, nous avions prévu une descente (environ 130 km) de 12 jours, qui en dura 15 à la suite d'un portage de 5 jours. Heureusement nous avions trois jours de nourriture en surplus. Des pluies précédant notre départ avaient accru la densité de limon dans la rivière, si bien que toute pêche devenait impossible. Il est prudent de faire connaître votre itinéraire et votre plan de route à plusieurs personnes responsables, entre autres aux compagnies d'hydravions, qui pourront aviser en cas de retard notable. Il ne faut pas limiter son attention au seul trajet de la rivière, mais bien repérer tous chemins d'accès qui se trouvent à quelques journées de marche de la rivière. En ce sens, les photos aériennes récentes peuvent être d'un grand recours. Une expédition sur l'Alsek en Alaska s'est trouvée bloquée de façon imprévue par un glacier galopant qui barrait complètement la rivière. Ils ont dû abandonner leurs kayaks et marcher trois jours pour atteindre un chemin qu'ils avaient repéré au préalable. C'est un exemple extrême; mais on a déjà vu des expéditions rebrousser chemin par insuffisance d'eau, ou par sous-évaluation de la difficulté de la rivière (sur la Magpie par exemple). Il est bien évident que l'on ne se hasarde pas, à sa première expédition, sur une longue descente sauvage non relevée. Même un pagayeur expérimenté gagnera à essayer au préalable une fin de semaine d'expédition pour mettre à l'épreuve le matériel choisi, tout autant que le "caractère" des participants. La compétence technique et la forme physique des participants, le type d'embarcation, doivent être homogènes pour prévenir tout conflit en cours de route. S'il y a longtemps que vous n'êtes pas sorti du bureau ou de la maison, un programme d'exercices physiques serait peut-être à propos, pour ces longues journées de pagayages, ou de portages sur plusieurs kilomètres avec une charge de 40 kg. La technique de portage pourra jouer un rôle capital lors d'une longue expédition. Le portageur expérimenté n'effectuera un portage qu'une seule fois. Pour une expédition de plus de quinze jours, ceci pourra exiger des prouesses techniques, quant au poids et à l'encombrement des bagages. On n'utilisera, le très efficace bandeau de tête, que si l'on y est déjà habitué depuis longtemps; sinon l'on risque à long terme de graves problèmes à la colonne vertébrale. Il est possible de portager à la fois un sac à dos et un kayak léger en utilisant un sac à dos à armature surélevée. En renversant le kayak sur la tête, généralement l'étrave à l'arrière, le haut de l'armature supportera le fond de l'embarcation de l'intérieur. Puisque l'on recherche généralement les paysages sauvages et grandioses, on les conservera ainsi pour les générations futures en évitant toute forme de pollution et en ramenant tous les contenants et détritus qui ne sont pas "biodégradables" à court terme. Sur les lacs, le vent provoquera des trains de vagues qui ne sont pas stationnaires comme en rivière. Ces ondulations ont pour effet d'amener l'embarcation à "lofer", c'est-à-dire à se maintenir parallèle à la direction du vent. Ce n'est qu'au prix de durs efforts que l'on parviendra à contrer cet effet des vagues pour maintenir un cap à angle avec la direction du vent. Ceci sera plus facile dans une embarcation biplace grâce à l'effet gouvernail du redressement. Pour un kayak, il est préférable de l'équiper d'un gouvernail contrôlé par des cordelettes comme sur les kayaks de vitesse; il peut s'installer facilement. |
||
| |
||
| © Tous droits réservés, |