Aux Écorces04-02-00-00
  Debits/Levels Forum Guide Contact Paggaies/Paddles Definitions Liens/Links
DescriptionCarte/MapPhotosMeteoRoute/DriveStation   61020   x   1Retour/Back
Rivière en escalier avec des rapides de longueur moyenne et de nombreuses cassures entrecoupées de longs planiols. La présence de nombreux seuils à rappel souvent précédés de rapides, réserve cette descente aux experts qui devront redoubler de prudence à eau haute. À l'exception de la Muraille, les nombreux portages peuvent se faire dans le lit de la rivière. Des bateaux à gros volume sont recommandés. Cette rivière est considérée comme dangereuse à eau haute. À eau basse, la plupart des seuils à rappel peuvent se sauter, non sans quelques talonnages.
La descente proprement dite commence à l'extérieur du Parc des Laurentides pour se terminer au lac Kénogami via la rivière Pikauba. La présente description se termine au confluent de la Pikauba; le lecteur se référera à cette rivière pour la suite du trajet.
CARACTÉRISTIQUES
Difficulté: expert Cotation: R-III + IV (5;6)
Longueur: 25,5 km Durée: 5-6 hrs
Navette: 81 km (Cyriac) 48 km (Parc Kénogami) Portage: 7 - 9
Largeur: 20 - 30 m Profil-type: discontinu + escalier
Débit idéal: bas (août) Station: 061020
Bassin versant: 1 114- 1 310 km² Pondération: 1
Panorama: **** Intérêt: **
ACCÈS
Mise à l'eau :
La route 169 (Québec - Alma) croise la rivière aux Écorces. Il y a à cet endroit un pique-nique/camping d'aménagé; un chemin contourne une carrière de sable et longe la rivière sur 18 km. Il est de mise de demander la permission de circuler au garde-pêche.
Les 13 premiers kilomètres à partir du pont, sont constitués de rapides faciles (R-1+2) séparés par de très longs planiols. Si l'on envisage la descente en une seule journée, il est préférable de mettre à l'eau après cette section. En suivant le chemin jusqu'à un chalet, on évitera ainsi le portage de la première cascade. Lors du relevé, nous avons dû arrêter plus tôt puisque le chemin était difficilement carrossable au-delà d'un barrage de castor tout à fait exceptionnel de 1,5 m de dénivelée, qui inondait la route. Selon les cartes topographiques, cette route continue en aval, et plusieurs sentiers de pêcheurs mènent jusqu'à la passerelle suspendue dont il ne reste à vrai dire que des vestiges. Nous avons rencontré des pêcheurs ébahis en aval de la dernière chute.
Fin de parcours: Pour l'arrivée on consultera la description de la rivière Pikauba.
DESCRIPTION (eau moyenne)Guide Fortin
Après un long planiol, qui ressemble plus à un petit lac avec son île et son chalet, le premier rapide (R-3) s'estompe et c'est la première reconnaissance : une cascade d'environ deux mètres qui est peut-être franchissable à eau basse avec une embarcation solide. Le deuxième rapide (R-3) après cette cascade se termine soudainement par un seuil à rappel (S-5-6) que l'on n'aperçoit qu'à la dernière minute. Le portage est plus facile par la rive gauche; suivant le débit, ce seuil est sans doute franchissable.
Suit un rapide manoeuvrier (R-4), l'Escalier, entrecoupé de plusieurs seuils qui demandent des décalés rapides pour trouver la meilleure passe. Le seuil (S-5-6) qui enchaîne comporte un dangereux rappel sur le côté gauche, mais un étroit goulet sur la droite permet peut-être de l'esquiver.
Le long rapide (R-4) qui suit la Muraille, se termine par un virage à gauche sur une falaise verticale. Lorsqu'on aperçoit la Muraille de loin, il est recommandé de se diriger vers la rive gauche pour la reconnaissance. Un premier seuil à rappel (S-5-6) barre toute la largeur de la rivière avant le virage au pied de la muraille. Une fois engagé, il est préférable de foncer à toute vapeur pour atteindre la vitesse nécessaire pour percer le rappel vers le centre gauche. C'est ce que nous avons dû faire puisque nous avons aperçu le seuil trop tard. À eau haute il pourrait s'avérer infranchissable. Un autre seuil (S-5) suit dans le virage : il se divise en deux branches : celle de gauche heurte des rochers au fond, celle de droite offre un petit goulet providentiel. Le portage de ces deux seuils n'est possible que par la rive gauche.
Après plusieurs rapides (R-3; R-3-4; R-4) entrecoupés de planiols, un autre virage à gauche indiqué par une paroi verticale annonce les Trois Seuils, qui sont difficiles à enfiler même à eau moyenne. Le portage est très facile par la rive gauche.
Après le rapide (R-3) et le planiol, un seuil à rappel (S-6), en forme de fer à cheval, avec un gros rocher central juste derrière; c'est le dernier mais le plus meurtrier de la descente. Il précède une chute franche de cinq mètres (portage à gauche). Des rapides (R- 3) s'enchaînent jusqu'au confluent de la Chicoutimi, où l'on peut maintenant se laisser aller en toute quiétude pour les prochains 10 kilomètres (R-2-3) jusqu'au lac Kénogami.
Première de la rivière aux Écorcespar Guy Gingras
Cette première grande descente de la rivière en canoë-kayak, effectuée à l'été 1970, fut une aventure fantastique pour ceux qui y participèrent. L'équipe se composait de deux Québécois, soit Louise Gilbert et Guy Gingras. Deux Européens très actifs dans la province pour promouvoir cette activité, soit Luc Amarnier, à l'époque directeur exécutif de S.P.A.K. Inc., et Antoine Fontaine, membre fondateur du club Échohamok de Beaupré et organisateur de la sortie. Au dernier moment vinrent s'ajouter trois Français, spécialistes de la descente de rivière, qui étaient de passage au Québec, soit Jean-François Dozouville, François Bataille et sa femme, tous deux renommés dans cette discipline en France.
Par un beau samedi d'août, nous sommes partis emportant notre embarcation, le strict nécessaire : carte, nourriture et sac de couchage. Lentement, nous nous enfonçons sur ces vingt-quatre milles (38 km) de rivière encore inconnue par les amateurs de canoë-kayak. Pendant quelques milles, l'eau était assez calme. Cependant, les rapides se succèdent et progressivement la longueur des planiols diminue. En l'espace de très peu de temps, nous sentons se resserrer autour de nous ce paysage sauvage. Cette sensation est continuellement accentuée par la violence des rapides. Maintenant que nous sommes engagés, même si l'inquiétude règne, il faut continuer jusqu'au bout. C'est l'avis de tous.
Après quelques heures, François Bataille prend la tête avec son kayak, afin d'accélérer la descente. Il nous juge un peu trop prudent. Il faut dire que nous insistions souvent pour reconnaître à pied certains rapides ou seuils, avant de nous y lancer. Même si celui-ci nous semble aventureux au début, sa maîtrise et son aisance nous incitent vite à lui donner une confiance presque aveugle. Car aujourd'hui je me demande comment j'ai pu franchir certains de ces obstacles jusqu'alors infranchissables pour moi. Mais François plonge souvent dans le bouillon et, nous fait signe d'un air rassuré de suivre sa course; un par un, encore étonnés de ces performances, nous allons bon gré mal gré, sachant que ça passe.
À notre expédition, il y a une équipe en C2 composée de Louise Gilbert et de Jean-François Dozouville. C'est l'équipe à surveiller. Leur expérience en canoë est assez rudimentaire. Au surplus, leur embarcation est bien chargée. Après avoir franchi un rapide classe IV, nous attendons l'arrivée du C2. Malheureusement, seuls les bananes et les pommes flottent dans les rapides. Le canoë est en cravate mille pieds (300 m) plus haut. Les deux naufragés se récupèrent facilement, mais il faut passer une demi- heure à dégager le bateau, coupé en deux sous la coque. Impossible de continuer ainsi; Antoine très bon canoéiste, décide d'embarquer seul dans le C2. Le devant relevé, l'eau pénètre moins vite dans la fissure. Des deux canoéistes, l'un emprunte le C1 d'Antoine et Louise est obligée de chevaucher l'arrière du kayak de François Bataille. Solution à prime abord inconfortable, mais qui transporta tout le monde à destination.
Retardé par ces événements, nous naviguâmes jusqu'à la noirceur cherchant vainement un site de camping. Il fut improvisé sur une rive rocheuse : une aire plane légèrement en pente, un vingt pieds carrés (1,8m²). Tout était trempé et la nuit s'annonçait très froide, tellement froide qu'on se résigna à coucher dans nos sacs de couchage humides. Il fut possible d'allumer un feu avec des allumettes sèches, grâce au contenant étanche qu'Antoine, le grand expéditeur, avait apporté.
Le lendemain, le moral est assez bas, étant donné les conditions pénibles qui prévalaient. Au départ, en ligne droite sur une distance de deux milles pieds (600 m), la rivière s'engouffre dans un ravin. C'est impressionnant, moi et quelques autres avons portagé, histoire de s'en remettre un peu. Ensuite, après quelques passages délicats, ma pagaie casse, et vite des éclisses attachées avec de la ficelle et je repars, sentant dévisser entre mes mains le manche de ma pagaie.
Heureusement les humeurs de la rivière s'adoucissent peu à peu lorsque nous rejoignons la sortie de la rivière Chicoutimi. À cet endroit, celle-ci s'élargit et l'eau est peu profonde. Tout le monde est détendu. Les rapides sont continus mais faciles. Même si tous les bateaux ressemblent à des passoires, le lac Kénogami n'est pas loin. Ce grand lac nourri par tant d'eau vive, nous apparaît comme peu d'hommes l'ont vu, de ses affluents jusqu'alors impénétrables.

Les présentes données vous sont offertes à titre d'information. Myosis.ca et ses employés n'offrent aucune garantie quant à leur exactitude et n'assument aucune responsabilité quant à leur utilisation, et ce, pour quelque motif que ce soit.

Ne vous aventurez pas sur une rivière seul et suivez un cours auprès d'une école reconnue de canoë/kayak.

© Tous droits réservés,