Où descendre
  Debits/Levels Forum Guide Contact Paggaies/Paddles Definitions Liens/Links
Section Gilles Fortin La rivière Quand descendre Comment descendre Comment Apprendre Où descendre


LA LECTURE DE CARTE
Le tracé de la rivière  
L'échelle de la carte a une incidence directe sur la précision du tracé. L'échelle au 1:20000 ou 1:25 000 est évidemment la plus intéressante.

Si la rivière est suffisamment large, on aura indiqué sur la carte ses deux rives et les îlots qui se trouvent entre les deux. Les mentions "rapids" et "fall" sont cependant peu fiables. En effet les photos aériennes qui ont servi de base à la transcription cartographique, à cause de leur grande échelle, ont pu dérouter le cartographe. Le reflet du soleil sur l'eau rendra uniforme et grisâtre un long tronçon qui comporte de nombreux rapides. Que dire des tronçons qui sont dans l'ombre de la vallée? Si bien que l'emplacement des rapides indiqué sur une carte topographique, quoique généralement au bon endroit, est pour le moins non exhaustif.

Toutes les taches plus blanches, qui se détachent du fond du tracé, sont classées comme rapides, qu'elles soient un simple R-1 ou un S-5. Sur les rivières étroites, telle la Sautauriski, il n'y a aucun rapide d'indiqué, alors qu'elle comporte une suite presque continue de rapides. Certains bras d'eau, comme sur la Jacques-Cartier (Ste-Catherine), quoique cartographiés, seront effectivement à sec lors d'une descente à eau basse ou moyenne.

La largeur du lit de la rivière, ou plutôt les variations de largeur de son lit, sont parfois trompeuses. Le passage du tracé large à double ligne, au tracé simple, comme sur la Sautauriski, est parfois arbitraire. Dans ce cas précis, nous n'avons pas noté sur le terrain, d'élargissement significatif du lit à l'endroit indiqué sur la carte. Une chose est certaine cependant : une rivière large qui tout d'un coup se transforme en un trait simple présentera vraisemblablement des difficultés à cet endroit, même si rien n'est indiqué.

La présence de méandres, d'amples sinuosités du tracé de la rivière, indique-généralement un tronçon plus calme, à la condition qu'elle s'accompagne d'une faible pente, à l'opposé de la Sautauriski. Plus que le tracé de la rivière, l'indice le plus pertinent, quant à la présence de difficultés, est la variation de la pente, que l'on peut apprécier en étudiant les courbes de niveau.
Les courbes de niveau  
La lecture d'une carte topographique demande une certaine transposition mentale afin d'imaginer le relief. Pour transcrire le relief en trois dimensions sur une surface en deux dimensions comme une carte, on relie par une courbe tous les points qui se trouvent à la même altitude.

Ce qui intéresse le pagayeur est bien sûr le relief d'ensemble de la vallée, mais encore plus spécifiquement les variations du relief. Plus les lignes sont rapprochées, plus la pente est forte. Lorsque les courbes de niveau se distancent, la rivière se calme.

Il faut donc identifier les emplacements où les courbes de niveau croisent la rivière. Chaque courbe de niveau longe la rivière en formant une sorte de V ou de U dont la pointe est orientée vers l'amont, à la manière d'une flèche; l'écoulement de l'eau se fait donc en sens inverse.

Lorsque la densité des lignes rend la lecture difficile, il faudra compter le nombre de lignes en différents points du parcours pour s'assurer de ne pas en oublier en cours de route. Chaque cinquième courbe de niveau est tracée en trait plus gras. Oublier une courbe de niveau équivaut à sous-estimer dangereusement la pente du tronçon!

L'emplacement particulier où une courbe de niveau coupe le lit de la rivière est quelquefois significatif : les fortes dénivellations, les seuils, les chutes et les cascades se trouvent généralement sur le croisement d'une courbe de niveau. Ceci est surtout vrai pour les rivières à faible pente. On ne peut cependant affirmer le corollaire; c'est-à-dire prédire à partir d'une carte, l'emplacement de chutes ou de cascades. Certes les chutes importantes, de plus de 15 mètres, sont généralement identifiées comme telles sur la carte topographique; mais on ne peut s'y fier.

Par exemple sur l'extrait de la carte de la Sautauriski, on trouve un tronçon à 5,5% et un autre à 4,5%. Lors du relevé nous avons rencontré une cascade de 10 mètres et une autre de 4 mètres. Essayez de les localiser! Pour vérifier, consultez la carte-guide de la Sautauriski.

Comme nous le noterons à l'occasion, on trouve parfois des erreurs dans l'emplacement des courbes de niveau. Comment expliquer autrement un tronçon de 4% sur la Haute Chaudière, qui ne soit en fait qu'un rapide classe 1+2.

En définitive, on peut se guider sur une carte topographique pour l'emplacement probable des tronçons difficiles, mais elle ne nous garantit aucunement l'absence de difficultés sur un tronçon apparemment facile. La plus grande cascade sur la Sautauriski se situe dans un tronçon de 2,25% de pente, alors que le tronçon de 5,5% est parfaitement navigable.
La pente  
La différence d'altitude, ou l'équidistance, entre deux courbes de niveau est variable d'une carte à l'autre, et d'une échelle à l'autre; heureusement elle est notée au bas de la carte.

Nous reproduisons ici deux graphiques qui permettent de calculer directement la pente entre deux courbes de niveau successives, pour les cartes courantes au 1:50 000 et 1:250 000. Chaque graphique comporte deux courbes de pente qui correspondent à l'équidistance usuelle des courbes de niveau; ainsi .le graphique pour les cartes au 1:50000 comporte une courbe pour une équidistance de 25 pieds et une autre pour une équidistance de 50 pieds.

On choisit donc la courbe de pente correspondant à notre carte; dans les exemples que nous donnons au 1:50 000, il s'agit d'équidistance de 50 pieds. Puis on mesure sur la carte, à l'aide d'un compas à pointe sèche ou d'une règle, la distance entre les deux courbes de niveau désirée. En reportant cette distance, à l'horizontale, entre la courbe de pente choisie précédemment et l'axe vertical, on obtient, sur l'axe vertical, la lecture de la pente en pourcentage.

Pour un long tronçon, on calculera la pente de façon arithmétique, en divisant la différence d'altitude entre le début et la fin du tronçon par sa longueur, que l'on estimera à l'aide d'un curvimètre. En multipliant le résultat de la division par cent, on obtient un résultat en pourcentage.

L'estimation de la différence d'altitude n'est cependant pas si évidente. On peut compter le nombre de courbes de niveau qui croisent la rivière. Si le tronçon en question débute et se termine exactement sur une courbe de niveau, on devra soustraire une courbe puisque ce sont les intervalles entre les courbes qui indiquent la différence d'altitude et non le nombre de croisements en soi.

Si ce n'est pas le cas, si le point de départ ou d'arrivée se trouve entre deux courbes de niveau, il faudra alors estimer la proportion de la différence d'altitude qui se trouve de part et d'autre de ce point. En multipliant le nombre d'intervalles, ainsi obtenus, par l'équidistance entre les courbes, on obtient la différence d'altitude désirée.

La pente réelle d'un rapide peut être mesurée sur le terrain à l'aide d'un clinomètre. C'est un instrument optique qui mesure l'inclinaison par rapport à l'horizontale, donc la pente en degré ou en pourcentage. En pratique, le relevé de chaque rapide à l'aide d'un clinomètre serait plus fastidieux qu'utile. Nous obtiendrons en fait des mesures de pentes plus fortes que celles que nous obtenons à partir des cartes. Plus le tronçon à évaluer est court, plus la pente risque d'être forte.
Les gorges  
La présence de gorges aux parois verticales, où l'on s'engage sans savoir si l'on pourra s'arrêter et accoster si jamais on rencontrait une chute, est un autre cauchemar pour le pagayeur. La présence de parois verticales et de longues gorges est somme toute, assez rare au Québec. Leur identification, à partir de cartes topographiques au 1:50 000, est plutôt difficile.

Par exemple sur la carte de la Sautauriski, on observe une vallée profondément encaissée, mais nous n'avons rencontré qu'un virage où la rive extérieure était verticale. Pouvez-vous l'identifier?

Voici un autre exemple, la Sainte-Anne du Nord. Vous identifierez du premier coup d'œil les célèbres chutes Ste-Anne. Quoique la vallée semble ici moins encaissée, il y a au moins trois endroits où la rive droite, en descendant, forme des parois verticales de plus de 15 mètres. Nous les avons indiquées sur la carte-guide par des triangles ou des zones de teinte grisâtre.
Debits/Levels Forum Guide Contact Paggaies/Paddles Definitions Liens/Links


© Tous droits réservés,