![]() Comment descendre |
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| Une différence importante et brusque
de température entre celle du corps (37°C) et de l'eau peut provoquer
chez le sujet immergé des crampes paralysantes, des vomissements et
à un degré plus sévère une syncope réflexe. Cette syncope issue d'un
choc thermique, encore appelé hydrocution, est toujours brutale et ne
prévient pas. Sur le plan physiologique, c'est un arrêt réflexe du cœur
ou une fibrillation qui ne permettent plus au sang d'irriguer adéquatement
le cerveau. Le sujet perd alors conscience.
Pour les mêmes raisons, toute condition qui produit une grande concentration sanguine en un point localisé de l'organisme augmente les risques de perte de conscience ou de crampes paralysantes à la suite d'un choc thermique. Ainsi, après un repas copieux, jusqu'à 45% du volume sanguin peut être immobilisé au niveau digestif. On ne doit donc pas monter en bateau directement après une grande bouffe ou un bain de soleil. En effet, une insolation prolongée concentre le sang au niveau de la peau par vaso-dilatation importante. L'exercice musculaire par ailleurs augmente la quantité de sang au niveau des muscles et favorise une meilleure circulation sanguine et une meilleure perfusion cérébrale. Le muscle cardiaque, il va sans dire, lui aussi bénéficie de cette meilleure irrigation. Les exercices de réchauffement sont donc recommandés avant d'entreprendre un effort musculaire important afin de redistribuer le sang au niveau des muscles. Il est aussi recommandé de mouiller sa combinaison isothermique avant une séance de 5 minutes d'exercice afin d'habituer le corps à un changement de température et prévenir ainsi un choc en entrant en contact avec l'eau froide. Une syncope sera généralement suivie d'une noyade. Voici quelques conseils à suivre après avoir sorti la victime de l'eau : La respiration artificielle et le massage cardiaque, si nécessaire, doivent être poursuivis jusqu'à 90 minutes après l'accident. Un médecin doit être appelé sur les lieux dans cet intervalle de temps; on considère généralement que 90% des gens pourront être ranimés avec des manœuvres adéquates et la présence médicale sur les lieux en deçà de 90 minutes. Le temps écoulé entre l'accident et le début du traitement doit être minimum car le seuil du succès se situe aux environs de 6 minutes. Le cerveau en effet ne peut tolérer sans dommages graves un arrêt circulatoire de plus de 5 à 6 minutes au maximum. Puisqu'on ne peut jamais être certain du temps exact écoulé depuis la perte de signes vitaux, on doit toujours tenter la réanimation. On a rapporté des réanimations réussies sur des sujets qui avaient passé jusqu'à 20 minutes sous l'eau froide; il semble qu'en bas de 21 °C, une sorte de mécanisme d'hibernation puisse se produire. Connaissez-vous la respiration artificielle, le bouche à bouche, et le massage cardiaque externe? . |
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| Au contraire de l'hydrocution,
l'hypothermie est un phénomène plus lent mais fréquent dans tous les
sports en plein air. Elle peut frapper en bateau, dans l'eau, dans la
forêt ou sur la montagne. Il s'agit en fait d'une baisse prononcée de
la température interne du corps suite à une déperdition importante de
chaleur. Elle peut être causée par immersion dans l'eau froide, par
exposition au vent ou aux basses températures avec des vêtements inadéquats,
par un apport alimentaire insuffisant lors d'efforts physiques intenses.
Les pertes de chaleur se font par radiations émanant des parties exposées du corps. On rapporte que des surfaces exposées comme la tête et le cou pourraient être responsables de 50% des pertes de chaleur du corps à une température ambiante de 5°C; d'où la justesse de l'adage : "si tu as froid aux pieds, mets un chapeau". Une cagoule de néoprène ou une tuque de laine est donc à conseiller par temps froid. Une partie de la chaleur corporelle peut se dissiper par conduction à travers les objets avec lesquels nous sommes en contact (le siège d'un bateau par exemple) et l'eau. Une pagaie à manche d'aluminium non isolée est donc à déconseiller en eau glacée en ce qu'elle rend les mains inconfortables. En camping une mousse isolante est nécessaire pour réduire les pertes de chaleur par le sol. Un tissu mouillé accroît 20 fois la perte de chaleur par conductivité thermique; il n'y a que la laine, la fourrure polaire ou le néoprène qui réussissent à emprisonner l'eau réchauffée par le corps. ![]() Les pertes par convection deviennent considérables lorsque le vent souffle le moindrement (1 m/s). La couche d'air en contact avec la peau se trouve réchauffée par radiation. Le propre du vêtement est justement d'emprisonner cette couche d'air chaud. Le vent au contraire renouvelle constamment l'air ambiant et donc accroît proportionnellement à sa vitesse les pertes de chaleur. Il y a enfin la perte de chaleur par évaporation de la transpiration, ou encore de l'eau à la surface du corps. Mais ce mécanisme est peu important lorsqu'il s'agit d'un individu adéquatement vêtu dans une embarcation, d'où la nécessité de porter un anorak imperméable. Ce qui se produit physiologiquement dans les premières étapes de l'hypothermie c'est la constriction des vaisseaux sanguins cutanés puis sous-cutanés. Ceci a pour effet de réduire la quantité de chaleur transmise par le sang au niveau de la peau. Éventuellement, les membres seront eux-mêmes dépourvus de sang par des mécanismes semblables afin d'assurer le moins de perte de chaleur et de conserver la température du sang pour les organes internes. La température des mains et des pieds peut atteindre 10°C. La peau devient livide et sert de couche isolante. Elle perd son sens du toucher. Les membres deviennent insensibles et les mouvements incoordonnés. Le sujet produira alors un grelottement incontrôlable qui, s'il a pour effet de produire de la chaleur, consomme beaucoup d'énergie. Ce phénomène hâte encore l'épuisement. Si l'un des membres du groupe présente des signes d'hypothermie, on interrompra immédiatement la descente pour appliquer les correctifs qui s'imposent, en ne tenant surtout pas compte des opinions de la victime. Lorsque la température rectale passe de 37°C à 35°C, le sujet éprouve des difficultés d'élocution, des réactions ralenties, une inconduite générale et des pertes de mémoire. Les sens sont altérés : il éprouve de la difficulté à entendre; il voit double. Les couleurs peuvent être affectées : le ciel devient vert foncé, le soleil bleu pâle. S'il nage dans l'eau glacée, le sujet éprouvera un sentiment d'inconscience générale, de ralentissement, d'abandon, et non de froid. Il n'arrivera plus à synchroniser sa respiration avec les vagues. Lorsque la température rectale passe en dessous de 31 °C, l'alternance de périodes de conscience et d'inconscience fait place au coma. En bas de 25°C, il y a peu d'espoir. Le graphique 7 indique le moment où le sujet peut devenir inconscient, en fonction de la température de l'eau. Dans l'eau de l'Arctique à -1°C, un sujet peut devenir inconscient en moins de 90 secondes. Cependant aux alentours d'une immersion de 20 à 30 minutes, il est possible de sauver l'individu s'il est réchauffé immédiatement. On a rapporté un cas de succès chez une jeune malade où la température interne du corps avait atteint 20,6°C. Le traitement officiel est l'immersion dans un bain d'eau à 43°C. A défaut de mieux, le traitement consiste donc à stopper toute perte de chaleur additionnelle, en plaçant le sujet, dépouillé de ses vêtements mouillés, dans un endroit à l'abri du vent (une tente) isolé du sol (mousse isolante, etc.) dans un sac de couchage, avec une autre personne, en sous-vêtement ou à nu, pour le (la) réchauffer. On gardera la tête plus basse que les pieds pour accélérer l'afflux de sang au cerveau, et on administrera des breuvages chauds et de la nourriture à haute teneur d'hydrate de carbone, si la victime est consciente. L'alcool est à proscrire. Un gros feu de camp procurera une source de chaleur intéressante. Il est à noter que l'homme s'acclimate progressivement au froid s'il est exposé d'une façon répétée à de basses températures. Le kayakiste vérifiera lui-même ce phénomène lors de ses sorties d'automne après une saison active. Bien que la température se refroidisse, l'endurance au froid semble plus grande. Ce fait a été observé et est très bien documenté. Une acclimatation au froid de façon très localisée peut aussi exister. On a en effet mis en évidence chez des Inuits une endurance remarquable pour le froid, au niveau des mains. Cela était dû entre autres au fait qu'ils devaient pagayer dans l'eau froide en se mouillant les mains. On a reproduit expérimentalement le même phénomène chez des individus de toutes races en exposant pendant trois semaines à raison d'une demi-heure par jour les mains des sujets dans de l'eau dont la température se situait autour du point de congélation'. . |
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| Si nous avons dressé un portrait qui peut paraître pessimiste des dangers de l'eau vive, c'est que nous croyons que la prévention d'accidents en rivière sportive vient avant tout de la connaissance des risques, de leurs causes et de leur identification.
On a remarqué que la fréquence des accidents suit le profil des crues. Un pagayeur expérimenté qui remarque qu'une rivière est en crue, sachant que cette descente est dangereuse à ce débit, s'abstiendra de descendre. Alors qu'une personne inexpérimentée ou mal renseignée courra un risque inutile. Selon des statistiques californiennes, les deux tiers des noyades surviennent sur des lacs et des plans d'eau calme. Du tiers résultant, la moitié des accidents sont survenus sur des rivières faciles (R-l-11). Ce qui tend à soutenir la thèse que les personnes inexpérimentées sont plus susceptibles de sous-estimer les dangers surtout lorsque la rivière semble facile. Quant aux types d'embarcations, des accidents mortels sont survenus en radeau pneumatique. C'est le type d'embarcation qui, à première vue, semble le plus sécuritaire, plus facile à manier... Des noyades en rivière, des victimes n'avaient pas de veste de sécurité, mais une étude attentive de chaque cas montre que seulement 60% de ces noyades auraient été évitées par le port d'une veste de sécurité. Quant au risque statistique d'une mort en bateau léger (type canot, radeau, kayak, etc.), il serait de 1/100 000. Une heure en bateau équivaudrait à 160 km en automobile, ou à 4 minutes dans un avion privé... . |
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