Comment apprendre
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QUELQUES FIGURES
Dans un premier temps, on sera tenté de mettre à l'eau, l'étrave de l'embarcation vers l'aval, dans la direction de la descente; puis de gagner le centre de la rivière. En cours de route on sera surpris du roulis de l'embarcation alors qu'elle s'engage dans le courant plus rapide. Pour accoster, on fera naturellement l'inverse en orientant son bateau vers la rive et en pagayant à toute vapeur. Arrivé près du bord, le bateau gîtera soudainement du côté aval, et ce sera le premier dessalage. C'est, qu'une rivière au courant vif, est tout autre chose qu'un lac. Il faut oublier ici que la ligne droite est le plus court chemin; il faut savoir composer avec le courant.
La reprise de courant  
Lorsque le courant est vif, il faut mettre à l'eau l'étrave face à l'amont. Lors de l'embarquement et de la mise en place de la jupette, on observera l'étrave : si elle se trouve emportée par le courant, on réagira aussitôt en s'accrochant à la rive. Dès que l'on commence à pagayer, à prendre de la vitesse, on s'aperçoit que l'avant du bateau cherche moins à nous fausser compagnie vers l'aval. Mais si l'étrave prend de l'angle avec la direction du courant, il faut corriger aussitôt par une propulsion circulaire énergique du côté opposé, sinon on effectue une reprise de courant involontaire.

Pour amorcer une descente, on exécute intentionnellement une reprise de courant. Le plus souvent on choisit pour l'embarquement une zone calme, un contre-courant; de là, on pagaie vers l'amont à la rencontre du courant qui nous fait faire un demi-tour pour nous entraîner vers l'aval; voilà le principe.

Mais cela devient plus technique lorsque le courant est très fort : il faut prendre de l'élan et donner une gîte importante à l'attaque de la veine, pour éviter la gifle du courant et le chavirage. L'accélération nécessaire, l'angle d'attaque, l'ampleur de la gîte et le moment opportun de son application sont une affaire de compromis qui viennent avec l'expérience.

En rivière, le plus difficile sera cependant de s'arrêter à volonté. Vous ne pourrez entreprendre de descente intéressante dans du classe III, sans perfectionner la technique du stop.
Le stop  
Dans un premier temps, il s'agit de repérer un contre-courant, derrière un rocher par exemple, qui soit assez grand pour recevoir son bateau. Il faut orienter son embarcation, en visant un point en amont du rocher en question, afin de compenser la dérive due au courant; puis accélérer "à fond de train" pour l'atteindre. Lorsque l'étrave accroche le contre-courant en question, on gîte vers l'intérieur du virage pour absorber l'effet de décélération que produit cette zone d'eau morte. Si l'on a mal visé, ou sous-estime l'effet de dérive due au courant, on ratera le contre-courant; soit sur l'amont, on risque alors la cravate contre le rocher, soit sur l'aval, on s'engagera en marche arrière dans la suite du rapide!

En rapide classe III et plus, les contre-courants n'ont parfois que la longueur d'un kayak; d'où la grande précision requise. L'intérêt des canoës et kayaks d'eau vive, est que, dans une telle situation, il est possible de les réorienter d'un seul coup de pagaie, et d'obtenir une vitesse diagonale suffisante en trois ou quatre coups de pagaie.

Mais il arrive, qu'il n'y ait tout simplement pas de contre-courant disponible. Un obstacle imprévu se présente et il n'y a pas de place pour stopper. On utilisera alors la tactique de la vitesse diagonale pour rejoindre la rive, ou la technique plus sécuritaire du bac arrière.
Le bac arrière  
C'est une technique indispensable en rivière sportive, très utilisée en radeau pneumatique et en canot ouvert, à cause de la faible vitesse d'accélération de ces types d'embarcation.

Il s'agit en fait de pagayer en marche arrière pour immobiliser le bateau (si le courant le permet), et d'orienter légèrement l'arrière vers la rive où l'on veut accoster. La force du courant contre le flanc du bateau l'y entraînera à condition de maintenir sa vitesse constante, sans quoi il effectuera une reprise en marche arrière; et dans ce cas, gare à la gîte!

Le bac arrière est une figure difficile à exécuter pour le débutant. La rétropropulsion efficace demande une certaine pratique, et le maintien de l'angle et de la gîte, une bonne coordination lorsque le courant est fort.
Le bac arrière et la lettre à la poste  
Le bac avant est beaucoup plus facile à exécuter que le bac arrière puisqu'en voyant l'angle de l'étrave par rapport au courant, le pagayeur arrive plus facilement à le maintenir constant. On commence généralement par apprendre le bac avant pour s'initier aux caprices du courant.

Lorsqu'on rencontre une veine franche et forte lors d'une descente, on s'empresse généralement d'essayer une lettre à la poste. Il s'agit d'un bac avant effectué presque sans pagayer, par une sorte d'effet d'incidence du courant sur le fond du bateau. La prise d'élan dans le contre-courant doit évidemment être très énergique. Le bateau se trouve projeté de l'autre côté de la veine, où un stop sur la tranche s'impose généralement, à cause de la violence du choc à l'attaque du contre-courant. Le bac sera plus facile dans le creux d'une vague; on sera alors, en quelque sorte, porté de l'autre côté par le dos de la vague.
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